De la difficulté à entrer en médiation : vouloir ou avoir envie

Il y a quelques mois, j’ai décidé de publier des articles avec l’intention de mieux faire connaitre ma pratique, mieux me faire connaitre.

Cette décision prise, il m’a fallu du temps pour passer à l’action. Pourtant je ressentais de la lassitude face à la méconnaissance de la médiation, de la frustration face au temps nécessaire aux personnes en conflit, pour prendre la décision d’entrer en médiation, de la colère face à moi-même qui « n’agirait » pas assez pour faire connaitre la médiation, pour « convaincre » mes clients que je peux les aider.

Ce matin, je me représente clairement une différence entre le « vouloir » et l’« envie ». « Vouloir » viendrait de la tête, du rationnel. Avoir envie serait plus comme une énergie de vie qui émerge de nous.

Le « vouloir » c’est ce que j’ai utilisé avec succès pendant des années dans mon parcours professionnel. Plan Do Check Act : planifier, faire, vérifier, améliorer. « Vouloir » marche plutôt bien dans la technique et cela donne assez souvent de bons résultats.

Mais pendant toute cette période de ma vie, j’ai également remarqué que quand il s’agit de relation humaine, cela fonctionne rarement.
Je peux comprendre ce qui ne va pas dans ma relation, imaginer quoi faire pour que cela aille mieux et pourtant constater que je ne prends jamais le temps de passer à l’action, il me manque toujours quelque chose, globalement « ça » ne se fait pas. « Et puis l’autre pourrait aussi faire quelque chose ! ».

L’« envie » c’est comme l’énergie qui fait germer les graines. Aucune graine ne « décide » de pousser, pourtant quand l’environnement le permet, elles germent.
Quand le contexte le permet, quand je suis prête je peux poser des mots sur ma relation à moi-même et les relations des personnes que j’accompagne.
Quand le contexte le permet, quand ils sont prêts, mes clients entrent en médiation volontairement avec un niveau d’engagement qui augmentera la probabilité de changer la situation et de résoudre le conflit.

Je précise que je ne parle pas d’un laisser faire fataliste mais de la conscience du temps qu’il nous faut parfois à nous, êtres humains, pour être prêts à faire les choses d’une façon écologique pour nous.

C’est agaçant de réaliser que comme le jardinier ne tire pas sur les pousses pour qu’elles grandissent plus vite, je ne peux pas « faire passer à l’action ». Je ne peux pas pousser les mots à se poser sur la page ou mes clients à venir en médiation ; je peux comme le jardinier prendre soin du terrain, de l’environnement et permettre aux graines de pousser.
Comme le jardinier n’a pas de pouvoir sur les graines le médiateur n’a pas de pouvoir sur les personnes en conflit. Il est au service de l’environnement pour permettre à ce qui peut se réaliser de prendre forme.

Je suis donc sereine devant mon clavier ce matin. J’écris pour moi, pour clarifier des notions qui me sont chères et qui, dans ma pratique, me permettent de rester au contact des êtres humains divers et uniques en face de moi.

PS : pour être tout à fait honnête, j’ai écrit ce texte en avril 2021 ; il y a donc eu l’envie d’écrire à ce moment-là, et l’envie de le partager 6 mois plus tard…

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Brigitte Ploix Gaydon LinkedIn

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